Les réélations de France télévisions sur les formations douteuses proposées par France Travail. Au nom du "mieux-être" certaines pratiques pénètrent la sphère professionnelle. Leur fil rouge ? Une hyper-psychologisation qui constitue une forme d'emprise.
Des test psychologuqes (MBTI) dont la scientificité n'est pas prouvée et des techniques (l'ennéagramme) considéré"es comme inquiétantes par la Miviludes sont utilisées pour recruter ou pour aider les managers.
Les salariés se trouvent enfermés dans des cases, leur "savoir-faire" professionnel réduit à un profil.
La "communication non violente" (CNV) est mobilisée pour former les managers, au risque d'effacer les rapports sociaux réels. "Les archontes de la CNV ont évincé l'esprit critique au nom d'une neutralité bienveillante [...] Ne confondons pas le perspectivisme et le relativisme. Pour l'un, le réel existe. Pour l'autre, ce n'est qu'un point de vue", souligne la philosophe Julia de Funès.
Transformer le manager en thérapeute ?
Certaines théories issues de la psychothérapie infiltrent les formations en management. Inviter les salariés à explorer leur "part blessée" ou à identifier leurs "états du moi" dépasse largement ce qu'un employeur est en droit de demander et d'attendre d'un salarié. Quitte à transformer el manager en thérapeute : est-ce bien là son rôle ?
Le divant fait-il partie du mobilier de bureau ? A cela s'ajoute le recours à des coachs et consultants au profil parfois très singulier (spécialiste du chaos, chercheur en joie, etc.) dont les formations s'inspirent de coryances spirituelles en vogue : la culture toltèque, le chamanisme, Mooji, etc.
Frontières brouillées
Tout cela constitue un ensemble de techniques qui ne contraignent pas l'autorité ou la hiérarchie mais par la neutralisation du désaccord et la gestion imposée des émotions. Ces approches brouillent les frontière entre espace professionnel et espace intime, et franchissent les limites du contrat de travail.
De la subordination hiérarchique, on glisse vers la soumission psychologiqur. Ce contexte crée un terrain propice à la manipulation et au harcèlement moral. Pour un salarié qui ne partage pas cette culture, ou qui traverse une période difficile, ce cadre peut être vécu comme une pression bie plus lourde, déstabilisante et excluante qu'un manager traditionnel.
- Chaque fois qu'on soumet un salarié à un test de personnalité ou qu'on évalue son "intelligence émotionnelle" plutôt que ses compétences prifessionnelles,
- Chaque fois qu'on lui demande d'accueillir les changements avec enthousiasme ou de sourire sur commande,
- Chaque fois qu'on interprète son absence d'objection comme un accord,
Celui-ci doit s'intérroger : "s'agit-il vraiment d'améliorer mon bien-être au travail ou de me soumettre insidieusement ?"
Il faut préserver le management sur des bases saines et légitimes. cela implique de reconnaître que le travail n'est pas qu'une question de posture mentale ou de développement personnel.
Les salariés n'ont pas besoin de conseils ésotériques ou psychologiques qui leur dictent quoi penser et comment se comporter.
Ce dont ils ont réellement besoin, ce sont de véritables espaces de délibéraitions collectives, des instances représentatives du personnel, de la stabilité organisationnelle, la reconnaissance de leurs compétences professionnelles, des rémunérations décentes, des hiérarchies soutenantes et des conditions matérielles adéquats.